Recevoir un avis négatif ou une fiche Google My Business (désormais appelée Google Business Profile) diffamatoire peut être dévastateur pour une entreprise : perte de clients, réputation entachée, stress et impact financier réel. J’interviens souvent pour accompagner des dirigeants confrontés à ce type d’attaque et, d’expérience, la première question est toujours la même : quelles preuves réunir et comment agir rapidement ?
Comprendre ce qui constitue une diffamation en ligne
Avant toute chose, il faut distinguer une critique légitime d’un propos diffamatoire. Une critique exprime une opinion (même sévère) sur un produit ou un service. La diffamation, en revanche, consiste en l’allégation ou l’imputation d’un fait précis — faux — portant atteinte à l’honneur ou à la considération d’une entreprise ou d’une personne. Par exemple : « Cette entreprise escroque ses clients » est une allégation de fait et peut être diffamatoire si elle est fausse, alors que « j’ai eu une très mauvaise expérience » relève d’un avis personnel.
Les preuves indispensables à collecter
Pour agir efficacement, il faut rassembler des preuves robustes et horodatées. Voici ce que je demande systématiquement aux clients :
Organiser les preuves : tableau récapitulatif
| Type de preuve | Objectif | Comment l'obtenir |
|---|---|---|
| Capture d’écran horodatée | Prouver le contenu et la date de l’avis | Outils natifs, smartphone, Archive.is |
| Archives web | Preuve indépendante de la persistance du propos | Wayback Machine, Archive.org |
| Documents commerciaux | Contredire l’allégation factuelle | Factures, contrats, emails |
| Témoignages écrits | Renforcer la crédibilité | Attestations signées de clients/collègues |
| Échanges avec l’auteur | Montrer tentative de règlement amiable | Copies d’emails/messages |
Actions préalables et étapes à suivre
Avant d’entamer une procédure judiciaire, j’essaie toujours d’épuiser les voies de recours amiables et administratives, rapides et parfois suffisantes :
Recours judiciaires : référé et actions au fond
Quand la voie amiable échoue ou quand le préjudice est important, j’engage des actions judiciaires :
Exemples concrets et bonnes pratiques
J’ai accompagné une PME de restauration qui avait reçu plusieurs avis affirmant « plats avariés ». Nous avons rassemblé factures d’achat, rapports d’hygiène, témoignages clients réguliers et échanges prouvant une tentative de chantage. Après une plainte et une demande auprès de Google, les avis ont été retirés et l’auteur identifié ; nous avons obtenu une réparation et des dommages-intérêts en référé.
Pratique : modèle de message pour signaler à Google
Voici un message synthétique que j’adapte selon les situations lorsque j’effectue la demande de suppression auprès de Google :
Objet : Demande de retrait d’un avis diffamatoire sur la fiche Google Business Profile de [Nom de l’entreprise] – URL : [lien]
Madame, Monsieur,
Je représente [Nom entreprise]. Un avis publié le [date] sous le pseudonyme [nom du compte] comporte des allégations factuelles mensongères et attentatoires à la réputation de mon client (ex. : « escroquerie », « plats avariés ») et constitue une diffamation. Vous trouverez en pièce jointe :
En application de vos conditions d’utilisation et de la législation applicable, je vous demande de retirer immédiatement ce contenu. À défaut, nous serons contraints d’engager des actions judiciaires pour faire valoir nos droits.
Cordialement,
[Nom, coordonnées, qualité]
Si vous souhaitez, je peux examiner votre dossier et vous indiquer la stratégie la plus efficace (mise en demeure, signalement technique, référé, plainte pénale). Agir vite et méthodiquement est essentiel pour limiter la portée des atteintes à votre activité.